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Devenir policier municipal : concours, formation et salaire

Devenir policier municipal : conditions, concours de gardien-brigadier, formation au CNFPT, salaire et carrière. Le guide complet pour se lancer.

Policier municipal en uniforme patrouillant dans une rue de ville

La police municipale recrute chaque année et ses effectifs progressent régulièrement. Selon le ministère de l’Intérieur, la France comptait environ 29 000 policiers municipaux en 2024, un effectif en hausse continue. Près de 3 000 postes sont créés chaque année d’après les données du secteur.

Pour rejoindre ce corps, la voie principale est le concours de gardien-brigadier, accessible dès le CAP ou le brevet des collèges. Ce guide passe en revue tout ce qu’il faut savoir pour se lancer : conditions, voies d’accès, épreuves, formation au CNFPT, salaire et évolution de carrière.

Les conditions pour devenir policier municipal

Avant de vous inscrire, vérifiez que vous remplissez les conditions générales d’accès à la fonction publique territoriale. Elles valent pour tous les candidats.

Il faut avoir 18 ans au minimum. Contrairement à une idée répandue, il n’existe aucune limite d’âge supérieure pour se présenter au concours. Vous pouvez donc candidater à 25, 40 ou 50 ans.

Les autres critères tiennent à la nationalité et à la moralité. Vous devez être de nationalité française ou ressortissant de l’Union européenne, présenter un casier judiciaire vierge de toute mention incompatible avec l’emploi, jouir de vos droits civiques et être en règle avec la Journée Défense et Citoyenneté. Une bonne condition physique est exigée, avec une visite médicale obligatoire.

Côté diplôme, le concours externe est ouvert dès le niveau V, soit le CAP, le BEP ou le brevet des collèges. Aucun diplôme supérieur n’est demandé pour ce premier grade de catégorie C.

Certains profils échappent à cette condition. Les parents d’au moins trois enfants qu’ils élèvent ou ont élevés, ainsi que les sportifs de haut niveau inscrits sur la liste du ministère chargé des sports, sont dispensés de diplôme. Les candidats reconnus travailleurs handicapés peuvent, de leur côté, demander un aménagement des épreuves.

Les trois voies d’accès au concours

La police municipale s’organise autour de trois cadres d’emplois : les agents, les chefs de service et les directeurs. Le grade de gardien-brigadier, en catégorie C, en est la porte d’entrée. Pour y accéder, le concours reste la voie principale, avec un concours externe et deux concours internes.

Le concours externe

Le concours externe s’adresse aux candidats extérieurs à la fonction publique. Il est ouvert à toute personne remplissant les conditions générales et titulaire d’un diplôme de niveau V. Les centres de gestion de la fonction publique territoriale l’organisent environ tous les deux ans.

Les concours internes

Deux concours internes coexistent, réservés chacun à un profil précis. Le premier vise les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) justifiant d’au moins deux ans d’ancienneté. Le second s’ouvre aux gendarmes adjoints volontaires et aux policiers adjoints de sécurité de la police nationale (ADS), également après deux ans d’exercice. Ces concours valorisent l’expérience de terrain et le respect d’un code de déontologie, vérifiés lors de l’entretien.

Entrer sans diplôme par le poste d’ASVP

Vous n’avez aucun diplôme ? Une solution existe. Vous pouvez d’abord devenir ASVP, un poste municipal accessible sans concours, par candidature spontanée ou en réponse à une offre. L’agent y est recruté comme contractuel ou comme fonctionnaire de catégorie C. Il n’est pas encore policier municipal : agréé par le procureur de la République, il constate surtout les infractions au stationnement et intervient en prévention aux abords des écoles. Après deux ans d’ancienneté, il peut présenter le concours interne et basculer vers le métier.

Les voies sans concours

Quelques dispositifs permettent d’accéder au métier sans concours. Le détachement concerne les fonctionnaires titulaires de catégorie C déjà en poste ailleurs, sous réserve d’obtenir l’agrément du procureur et du préfet. L’intégration directe suit une logique proche. Enfin, les militaires bénéficient d’une procédure d’emplois réservés, avec priorité aux blessés de guerre et à leurs ayants droit.

Candidat effectuant un sprint sur piste d'athlétisme lors d'un test physique

Le concours externe de gardien-brigadier : les épreuves

Le concours se joue en deux temps : une phase d’admissibilité écrite, puis une phase d’admission mêlant oral, tests et sport. Les copies sont anonymes et corrigées deux fois.

Les épreuves d’admissibilité

L’admissibilité repose sur deux écrits. Le premier est la rédaction d’un rapport à partir d’un dossier décrivant un événement survenu dans un lieu public. Il dure 1h30, pour le coefficient 3, et mesure votre capacité à relater des faits avec ordre et précision, sans avis personnel. Le second porte sur la compréhension d’un texte lié aux réalités territoriales : en une heure, coefficient 2, vous répondez à des questions et expliquez certaines expressions.

Les épreuves d’admission

Les candidats admissibles passent ensuite trois épreuves. Les tests psychotechniques ouvrent le bal : évalués par des psychologues, ils mesurent la logique et le raisonnement. Ils ne sont pas éliminatoires et servent d’appui au jury.

Vient l’entretien avec le jury, de 20 minutes (coefficient 3), qui apprécie votre personnalité, votre motivation et vos connaissances sur les institutions publiques.

Les épreuves physiques referment la phase (coefficient 1). Elles associent une course de 100 mètres et une épreuve au choix : saut en hauteur, saut en longueur, lancer de poids (4 kg pour les femmes, 6 kg pour les hommes) ou natation sur 50 mètres. Les candidates enceintes peuvent en être dispensées sur certificat médical.

Voici, à titre indicatif, les performances qui correspondent à la moyenne de 10/20.

Hommes

Épreuve Temps/Distance minimum
Course 100m Moins de 13,3 secondes
Saut en hauteur Au moins 128 cm
Saut en longueur 4,20 mètres
Lancer de poids (6kg) Plus de 6,90 mètres
Natation 50m Moins de 56 secondes

Femmes

Épreuve Temps/Distance minimum
Course 100m Moins de 15,2 secondes
Saut en hauteur Au moins 110 cm
Saut en longueur 3,15 mètres
Lancer de poids (4kg) Plus de 5,50 mètres
Natation 50m Moins de 1,10 minute

Le concours interne suit une trame voisine, mais allégée à l’écrit : une seule épreuve d’admissibilité, la rédaction d’un rapport en deux heures. Son entretien s’appuie surtout sur le dossier professionnel du candidat.

Deux règles tranchent le résultat. Toute note inférieure à 5/20 à une épreuve obligatoire est éliminatoire. Et il faut une moyenne d’au moins 10/20, coefficients appliqués, pour être admis. Le concours reste sélectif : une préparation régulière sur l’écrit, l’oral et le sport fait souvent la différence.

Après le concours : liste d’aptitude et recherche d’emploi

Réussir le concours ne vaut pas recrutement. C’est le point le plus mal compris du parcours.

En cas de succès, votre nom rejoint une liste d’aptitude à valeur nationale, gérée par le centre de gestion organisateur. Elle atteste de votre réussite, sans vous affecter à un poste. Cette liste d’aptitude est valable deux ans, renouvelable jusqu’à quatre ans au total sur demande écrite. Passé ce délai sans recrutement, vous perdez le bénéfice du concours. Un congé maternité, un congé parental ou le service national suspendent toutefois ce décompte.

C’est donc à vous de trouver un employeur. Les policiers municipaux sont recrutés directement par les mairies et les intercommunalités, qui puisent dans la liste d’aptitude. Vous postulez comme pour un emploi classique, avec CV, lettre de motivation et entretien. Pour repérer les postes, consultez les sites des centres de gestion départementaux et les portails d’emploi de la fonction publique territoriale, qui recensent en continu de nombreuses offres. Vous pouvez aussi confier votre CV au centre de gestion, qui le diffusera auprès des collectivités.

Salle de formation avec stagiaires assis suivant un cours théorique

La formation initiale au CNFPT

Une fois recruté par une commune, vous êtes nommé stagiaire pour un an. Durant cette période, vous suivez une formation initiale d’application obligatoire, assurée par le CNFPT.

Cette formation dure 120 jours, soit environ six mois. Elle se répartit en 76 jours d’enseignement théorique, 24 jours de stage pratique en collectivité et 20 jours de stage d’observation. Les modules couvrent l’environnement professionnel, la constatation des infractions, l’accueil du public, les écrits professionnels et les techniques d’intervention.

Deux agréments conditionnent l’exercice du métier : celui du procureur de la République et celui du préfet. Une fois la formation suivie, l’agent prête serment devant le tribunal. Cette assermentation compte parmi les étapes préalables à la titularisation.

À la fin du stage, le président du CNFPT transmet son appréciation à la commune, au préfet et au procureur. Sur avis favorable, le maire titularise l’agent, qui devient fonctionnaire territorial à part entière.

Les missions au quotidien

Le métier se partage entre deux fonctions : la police administrative et la police judiciaire.

Au titre de la police administrative, le policier municipal veille à la tranquillité, à la sécurité et à la salubrité publiques. Il patrouille dans les quartiers, à pied, à vélo ou en voiture, souvent en équipe de deux ou trois. Il fait appliquer les arrêtés municipaux du maire, du bruit au stationnement en passant par la propreté, et régule la circulation. La prévention et la médiation occupent une large place.

Au titre de la police judiciaire, il agit comme agent de police judiciaire adjoint (APJA). Il constate certaines infractions, rédige des procès-verbaux et transmet les éléments aux enquêtes. En matière de circulation, il verbalise les infractions au Code de la route et peut réaliser des contrôles d’alcoolémie et de vitesse.

Une limite le distingue du policier national : il ne peut pas engager de poursuites judiciaires. Lorsqu’il interpelle une personne en flagrant délit, il fait appel à la police nationale, qui décide des suites. Sur le terrain, l’agent porte l’uniforme et une carte professionnelle, et reste tenu par un code de déontologie. Selon les communes, il peut être armé.

Salaire et évolution de carrière

En début de carrière, selon la grille indiciaire de la fonction publique territoriale, le gardien-brigadier perçoit un salaire brut mensuel d’environ 1 806 € au premier échelon, hors primes. Avec l’ancienneté, il progresse jusqu’à 2 092 € brut au douzième et dernier échelon du grade.

Ce traitement de base peut être complété. Une reprise d’ancienneté est possible, jusqu’à 50 % des années passées dans le privé et 75 % de celles effectuées en fonction publique. S’y ajoutent des primes propres à chaque collectivité. Attention, ces montants sont exprimés en brut : le net perçu est en général inférieur d’environ 20 %.

Grade Échelon minimum Salaire minimum (€) Échelon maximum Salaire maximum (€)
Brigadier de police municipale 1 1 806 12 2 092
Brigadier-chef principal 1 1 836 10 2 500
Chef de police municipale 1 1 841 8 2 500

La carrière ne s’arrête pas au premier grade. Le premier palier est celui de brigadier-chef principal, toujours en catégorie C. Il s’obtient par avancement, après au moins quatre ans de services effectifs et un an dans le quatrième échelon, à condition d’être à jour de sa formation. Le nom de l’agent figure alors sur un tableau d’avancement annuel, et sa rémunération peut atteindre 2 500 € brut à l’échelon spécial.

Le grade au-dessus est celui de chef de service de police municipale, en catégorie B, accessible par un concours ouvert aux titulaires du baccalauréat. Le chef de service coordonne le poste de police et encadre l’équipe.

Au sommet, le directeur de police municipale relève de la catégorie A, avec un concours externe exigeant un diplôme de niveau bac+3. La fonction reste rare : un poste de directeur n’existe que dans les services d’au moins vingt agents.

Par où commencer

Devenir policier municipal tient plus à la méthode qu’aux diplômes élevés. Le chemin est balisé : réussir le concours, s’inscrire sur la liste d’aptitude, décrocher un poste en mairie, puis valider la formation au CNFPT avant la titularisation.

La première étape concrète consiste à repérer la prochaine session. Rapprochez-vous du centre de gestion de votre département pour connaître les dates d’inscription, car chaque centre organise ses propres épreuves. En parallèle, commencez à travailler la rédaction de rapport et la condition physique : c’est là que se joue une bonne partie du résultat.

Ceinturon de police avec radio et matériel de service sur un uniforme

Foire aux questions

Quelles sont les conditions pour devenir policier municipal ?

Il faut avoir au moins 18 ans, sans limite d’âge supérieure, être de nationalité française ou ressortissant de l’Union européenne, présenter un casier judiciaire vierge, jouir de ses droits civiques et remplir les conditions d’aptitude physique. Pour le concours externe de gardien-brigadier, un diplôme de niveau V (CAP, BEP ou brevet des collèges) est requis.

Quel est le salaire d’un policier municipal (net ou brut) ?

Au premier échelon, un gardien-brigadier gagne environ 1 806 € brut par mois, hors primes. Ce montant grimpe jusqu’à 2 092 € brut à l’échelon 12. Il s’agit de salaires bruts : le net perçu est en moyenne inférieur d’environ 20 %.

Est-ce que le concours de la police municipale est difficile ?

Le concours est sélectif. Il enchaîne deux écrits (rapport et compréhension de texte), des tests psychotechniques, un entretien oral et des épreuves physiques. Une note sous 5/20 est éliminatoire, et il faut une moyenne d’au moins 10/20 pour être admis. Une préparation suivie est vivement conseillée.

Est-il possible de devenir policier municipal à 40 ans ?

Oui. Le concours n’impose aucune limite d’âge supérieure : seule la condition d’avoir 18 ans au minimum s’applique. La police municipale reste donc accessible aux candidats en reconversion professionnelle.

Quel est le parcours pour devenir policier municipal ?

Le parcours enchaîne plusieurs étapes : réussir un concours, figurer sur la liste d’aptitude, trouver un poste en postulant auprès d’une mairie, puis effectuer une année de stage incluant six mois de formation au CNFPT, avant la titularisation.

Quel niveau d’étude faut-il pour être policier municipal ?

Le concours externe est accessible dès le niveau V, soit le CAP, le BEP ou le brevet des collèges. Les parents d’au moins trois enfants et les sportifs de haut niveau sont dispensés de cette condition de diplôme.

Est-il possible de devenir policier municipal sans diplôme ?

Oui, par un détour. Sans diplôme, vous pouvez d’abord être recruté comme agent de surveillance de la voie publique. Après deux ans d’ancienneté, vous pouvez présenter le concours interne. Pour le concours externe, le diplôme de niveau V reste exigé, sauf dispense (parents de trois enfants, sportifs de haut niveau).

Qui recrute les policiers municipaux ?

Ce sont les mairies et les intercommunalités qui recrutent directement, en choisissant parmi les lauréats de la liste d’aptitude. Réussir le concours ne suffit pas : c’est au candidat de faire les démarches auprès des collectivités.

Comment se passe la formation de policier municipal ?

Après le concours et le recrutement, le lauréat devient stagiaire pour un an et suit une formation initiale d’application de six mois (120 jours) au CNFPT. Elle combine 76 jours de théorie, 24 jours de stage en collectivité et 20 jours de stage d’observation.

Quelle est la prochaine date du concours de police municipale ?

Le concours externe est organisé environ tous les deux ans par les centres de gestion départementaux. Pour la session 2025-2026, les inscriptions se sont tenues du 30 septembre au 5 novembre 2025, avec une épreuve écrite d’admissibilité le 12 mai 2026. Vérifiez le calendrier exact auprès du centre de gestion de votre département.

Sources

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